Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 23:35

En l’espace de deux semaines, deux campagnes publicitaires ont fait polémique au point de masquer le fond de leur message : le Grand Emprunt et la lutte contre le tabagisme des jeunes.

Marianne enceinte regarde l’avenir et tout le monde s’emballe sur la Sainte Républicaine immaculée. Très prosaïquement pourquoi communiquer autour d’un emprunt qui ne s’appuie sur aucune souscription auprès des Français ? Est-ce pour masquer que les derniers emprunts ont tous coûté de l’argent à l’Etat ? Ou bien est- ce pour nous rappeler que nous alourdissons la dette auprès des générations futures ? Est-ce enfin pour brouiller les pistes: l’Etat investit massivement sur des secteurs, comme l’éducation, qui se plaignent au contraire de restrictions budgétaires drastiques. Incompréhensible ! Cette Marianne fait beaucoup parler d’elle mais n’est pas très loquace, n’en déplaise à Euro RSCG C&O.

La polémique, cependant,  fut de courte durée. Car l’agence BDDP et Fils décidait de frapper fort dans la foulée, en faisant le lien entre la dépendance tabagique et la soumission sexuelle. Et le débat s’est focalisé sur l’allusion à la pédopornographie, la réalité de la soumission sexuelle dans la pratique de la fellation ou le ras le bol face à  un nouvel  outrage à la pudeur qui enflamma les associations familiales (pour une fois aux côtés des féministes !). Mais du tabac, il  ne fut pas question et les jeunes fumeurs ciblés par la campagne  avouèrent n’y avoir rien compris.

Voici donc deux campagnes que parait- il nous ne sommes pas près d’oublier. Vraiment ? Ces campagnes ont fait le buzz, mais ce dernier fut court. L’écran de fumée a vite effacé la grossesse de Marianne avant d’être lui-même balayé par la tempête Xantia. Attention à l’encombrement des  polémiques : elles sont tellement nombreuses aujourd’hui ! L'une chasse l'autre, et aucune ne laisse de trace.     

Par Béatrice Hermesdorf - Publié dans : 1001 façons de rater sa com
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 15:14

Sur les linéaires de supermarchés, une marque saute aux yeux dans les rayons laitiers et du côté des gâteaux : Michel et Augustin. N’avez- vous jamais croisé le regard ahuri de la vache blanche et noire, et les caricatures bien croquées des trublions du goût ? Si bien sûr, car comment passer à côté sans avoir envie de déguster sur place ces « yaourts onctueux » ou ces petits sablés « ronds et bons » ?

Cette marque parisienne 100% vrai regorge d’humour dans sa présentation et de culot dans sa communication.  Ils jurent que c’est spontané, mais c’est tellement bien fait qu’on en doute un peu. Ainsi, les deux amis ont profité du lancement des « 2 vaches » de Danone pour offrir aux 150 journalistes  une  vache à boire (le nom de leur yaourt) et une lettre dénonçant l'arrivée des vaches américaines en France.  Il paraîtrait que nos deux héros étaient déguisés en vache pour l’occasion, mais les témoi gnages ne sont pas concordants ! Autre coup très culotté : A défaut de pouvoir offrir des échantillons dans les files d’attente du Salon de l’Entrepreneur, l’un des deux comparses se fait passer pour le traiteur du commissariat de l'organisation. Conséquence : il dépose tranquillement ses produits sur les tables des conférenciers. Pub et buzz garantis, surtout quand  le roi de l’informatique, Bill Gates, est pris en photo avec la désormais fameuse vache à boire ! Le succès est dans le sac ! link

Michel et Augustin déclinent  toute leur communication sur ce mode décalé, coloré et gonflé : site internet, blog, actions de communication, packaging. Et ça marche. Les gammes s’élargissent, l’équipe s’agrandit et cette petite entreprise est devenue la référence de la communication petit budget à grands effets.

Bon appétit, et prenons en de la graine !

Par Béatrice Hermesdorf - Publié dans : Les bonnes idées
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 21:59

La Tribu des Artistes est un nouveau site communautaire dédié aux artistes, réalisé par la société Canson. Présenté comme une démarche de mécénat artistique, le site permet aux artistes de créer leur galerie virtuelle, d'échanger entre eux à travers les forums et les discusions, d'écrire des articles. L'inscription est gratuite et ouverte aux professionnels du monde de l'art ainsi qu'aux amateurs. Le site diffuse également des conseils sur les techniques, les matériaux, les astuces de pro.

La marque Canson est discrète, mais présente. Les conseils d'abord ne sont pas signés, mais mon petit doigt me dit que  l'Atelier Canson compte quelques rédacteurs talentueux qui connaissent bien le sujet. La tribu des Artistes et l'atelier Canson ensuite  se répondent: sur le premier, l'Huile est à l'honneur. Ce qui tombe bien puisque sur le second, c'est justement le mois de l'Huile. Les couleurs, vous savez, la fameuse charte graphique, sont différentes, mais les différents bloques qui composent les sites suivent pratiquement les mêmes plans. Enfin, vous pouvez passer d'un site à l'autre. Ce qui est malin: après avoir discuté avec les copains, admiré le travail des autres et pris plein d'info, il doit bien vous rester un peu de temps pour choisir votre matériel et repérer les offres du mois!

 C'est malin et c'est bien fait. Je ne sais pas ce qu'en penseront les artistes professionnels, mais je crois que de nombreux amateurs ou semi professionnels devraient rapidement rejoindre la communauté. Et tous ceux qui dessinent , décorent, impriment et qui auront la bonne idée de faire leurs achats chez Canson se sentiront un peu artiste.

Or, valoriser ses clients, n'est- ce pas le début de la fidélisation?

 

 

Par Béatrice Hermesdorf - Publié dans : Les bonnes idées
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 10:56

Talayeh Jazayeri est née dans un pays magnifique, malheureusement caricaturé aujourd’hui par ses dirigeants et par nos médias. Quand je pense à l’Iran, son pays, je pense aux Achéménides, aux rois Cyrus, Darius et  Xerxès ; aux guerres médiques, à Persepolis et au Livre des Rois.

Je pense immédiatement aux miniatures persanes et à  ses couleurs vives, et à la poésie, l’une des plus belles du monde m’a-t-on dit. Et comme je le lisais dernièrement,  à côté de Nuzâmi, Ronsard et DuBellay peuvent aller se rhabiller. Lisez les Cinq Poèmes, vous rhabillerez aussi Baudelaire et Verlaine!

Aussi, une artiste dépositaire d’une culture sublime et millénaire ne pouvait qu’attiser ma curiosité.  Comme moi, vous ne serez pas déçu.  

Depuis son enfance, Talayeh Jazayeri est artiste : elle dessine, colorie et rêve de musique et de piano.  Enfant sensible, à fleur de peau, elle s’émerveille de tout ce qui l’entoure. Mais comment ne pas s’émerveiller quand on grandit sur les terres qui ont sans doute enfantées les contes des Milles et une nuit ?

Cependant,  la vie n’est jamais linéaire. Ainsi, un premier tournant dans sa vie est son départ pour la Suisse où elle résidera deux ans. Si la jeune adolescente, a quelques difficultés à se faire à la vie en internat,  elle se révèle en peinture où elle obtient son premier prix, en 5ème.

De retour au pays, Talayeh rencontre Mahmoud Farchian, célèbre peintre Iranien qui réside aujourd’hui à New York. Alors qu’elle rêve d’être pianiste, il la convainc  de devenir peintre. Avec raison, puisqu’elle réussit le concours d’entrée des Beaux Arts de Téhéran en obtenant la première place. Puis, elle termine ses études aux Etats- Unis où elle obtient sa licence d’art graphique.

Elle rentre en Iran avec des rêves plein la tête qui seront balayés par la Révolution. La guerre avec l’Irak l’empêche de venir aux Beaux Arts en France. Elle peint donc en Iran et expose là bas, à Bakou aussi. Mais elle ne pense qu’à vivre ailleurs. Jusqu’au jour où enfin, elle arrive en France.

Cette femme timide à la vie si riche expose pour la première fois dans un lieu dédié aux expositions. Sa peinture est très variée, mais les traits se floutent, un léger voile semble recouvrir les tableaux, comme si c’était la timidité de l’artiste qui s’exprimait d’abord. Elle  laisse le spectateur imaginer son tableau.

J’aime sa touche délicate, l’explosion de couleurs qui me fait parfois penser à la surface de la lune. Vous la voyez grise d’abord  parce qu’elle est loin et que les couleurs sont tellement nombreuses, tellement belles, qu’elles se mélangent et vous ne prenez  pas le temps de vous attacher sur chaque éclat.  Prenez le temps, vous verrez naître des lettres persanes, des bourgeons qui s’éveillent à la vie en dansant sur la lumière du soleil. Arrêtez-vous et vous verrez l’œil émerveillé de l’enfant sensible qui découvrait le monde dans la partie du monde qui fut l’un des berceaux d’une des civilisations la plus belle et la plus raffinée.    

Je conclurai  avec vos mots : « La peinture est ma passion depuis que je me le rappelle. J’aime peindre les instants de la vie ; peut-être ceux qui nous échappent et qu’on perd de vue. Quelque soit le support, c’est toujours devant la toile une aventure émotionnelle qui inspire les couleurs et les formes. »

Merci d’avoir choisi les Ateliers d’Agora.

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Texte rédigé pour le vernissage de l'exposition de Talayeh Jazayeri, février 2010, aux Ateliers d'Agora.

Par Béatrice Hermesdorf - Publié dans : Rédaction: présentation d'artistes
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 14:25

Présentation de l'artiste peintre Henry  Ferrier lors du Vernissage de son exposition aux Ateliers d'Agora:HF 1

 

J’ai rencontré Henry sous un amandier. Cet arbre fruitier est né de ses pinceaux et je le regardais comme le petit Prince découvrait son mouton caché dans la boite : j’étais émerveillée parce que je rencontrais pour la première fois un artiste en vrai.

Artiste peintre provençal, Henry Ferrier est artiste depuis toujours. Il joue avec les couleurs comme il joue avec les mots ; son geste est à la fois maîtrisé et libéré tandis que son  verbe est haut, puissant et poétique. Henri ou le Geste et le Souffle que l’on retrouve dans ses peintures et dans ses textes. Un souffle qui vous emmène avec force dans un tourbillon lumineux où « les lignes se perdent dans la matière ».

« Je puise ma force dans la terre provençale " qui est couleur, mouvement, puissance et lumière » nous dis- tu. Dans tes critiques, j’ai lu que tu  ne cherchais pas à décrire la réalité. Pourtant, dans chacune de tes toiles, je vois la vie telle qu’elle est, la nature, telle qu’elle est. Dans l’auberge, n’entendez- vous pas les conversations, les choppes qui tintent, la valse des mots et des sentiments ? Lorsque vous croisez ce couple enlacé dans l’adversité, n’êtes vous pas bouleversé par la fragilité de la tendresse et de l’amour qui portent ce couple magnifique et qui l’aident à rester droit alors que le monde tangue ?

Car je te trouve résolument optimiste : au-delà des angoisses et des pulsions humaines, tu nous présentes des personnages qui avancent, sublimes ; ici, c’est toujours la vie qui gagne. Et quand l’Homme disparaît de tes toiles, l’Eternel apparait. L’homme n’est donc pas très loin. Immensité des paysages, violence des éléments, la vie se construit de toile en toile. Ta peinture est un envol qui nous transporte au cœur des émotions. Partir avec toi, c’est prendre la route de l’albatros et parcourir des océans de poésies picturales.

Peintre des quatre saisons qui enchante la vie, tu parcours le monde de New York à Osaka, tu promènes, selon les mots de Françoise Maurin, « ta rugosité cévenole, ta fouge provençale et le sens d’une harmonie universelle. »

Ma peinture, écrits- tu, est « un carnet de bord, une nécessité vitale, un lien avec le monde ». Elle est nécessité parce qu’elle est un tourbillon plein d’espérance qui nous donne envie de contempler. Elle offre une proximité particulière avec la Nature, ou plus haut, c’est selon ce que les uns et les autres croient. Mais ta peinture est un médium qui nous rend meilleur. Aristote, dans l’Éthique à Nicomaque,  écrit que le  bonheur réside dans la contemplation. Cette dernière est la plus haute activité qui permet à ce qu'il y a de plus haut dans l'homme d'atteindre la connaissance. Selon le philosophe, la contemplation n’est qu’un idéal que l'homme cherche à atteindre, elle est la voie qui mène au « Présent Eternel où le passé se devine et le futur se pressent », comme ton œuvre.

Henry, tu es le peintre de la vie et du bonheur. J’avais raison d’être émerveillée.

 

Photo: Henry Ferrier par Alain Balbo

Par Béatrice Hermesdorf - Publié dans : Rédaction: présentation d'artistes
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