Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /2010 10:09

Frédéric Usclat et Frédéric Truteau ont plus d’un point commun : ils ont chacun deux vies qu’ils combinent  espérant sans doute pouvoir un jour s’affranchir de la première : la plus triviale, celle qui paye le loyer mais ne nourrit pas leur besoin insatiable de création. Chez eux, le dessin et la peinture se sont imposés comme des modes d’expression obligatoires  et chacun a creusé son style de manière autodidacte, par tâtonnement, études des mouvements de peintures, recherche permanente de la voie qui leur offrira le plus de liberté. Tous les deux partent d’une image et chacun laisse alors apparaitre sa différence.

Frédéric Truteau épure le dessin, étire le trait, crée un ensemble géométrique à plat, sans perspective. Le volume nait des courbes, la profondeur des couleurs et le résultat est très lumineux, un peu décalé et plein de vie. Nous nous évadons avec  lui dans la Provence,  où les journées s’étirent autour du boulodrome, du pastis et des sardines.  Mais pour arriver jusqu’à la Provence, Frédéric Truteau est d’abord parti d’Australie. Cet esprit voyageur s’est attaché à croquer les grands espaces. La particularité de ces paysages c’est la sensation d’infinie qu’il procure. L’œil n’est arrêté par aucun obstacle, comme dans cette exposition consacrée aujourd’hui à la Provence. L’arrière plan est toujours une ouverture vers  le lointain. L’artiste, dont la motivation première est l’évasion,  ne pose pas de frontière et offre aux spectateurs un immense bol d’air, une respiration pleine des  charmes de notre région. Le plaisir de Frédéric Truteau est de partager sa peinture et d’échanger avec ceux qui viennent la découvrir. J’espère que ce soir, vous n’hésiterez pas à partager vos impressions avec cet artiste, qui bien que marqué par de  multiples influences, s’est créé son propre style.

D’un naturel également très curieux, Frédéric Usclat est aussi un artiste dans l’âme qui se régale de toutes les expressions, de la littérature à la cuisine. C’est avec Bruno Volle qu’il acquiert les bases de la peinture et du mélange des couleurs. Depuis, il travaille seul, porté par un entourage enthousiaste et souvent élogieux. Bien ancré dans son époque, Frédéric Usclat  combine les moyens offerts par  la technologie,  la  photographie et l’infographie,  pour faire évoluer ses modes d’expression  et construire ses peintures. Tel un chasseur, il piste ses sujets sur internet. Il choisit une photo, la transforme et y apporte originalité, sensualité et  humour,  créant ainsi sa propre composition. Il capte un moment de la vie d’un homme, le plus souvent, avouons le, d’une femme et nous raconte sa vision de la condition humaine. Il est loin le temps où il peignait des toreros combattant en pleine lumière. Ses personnages aujourd’hui s’éloignent de plus en plus du premier plan.  Ils  se devinent plus qu’ils ne se voient. Mais l’émotion est là, parfois très forte et l’on ressent  avec ses sujets le poids de l’attente, du chemin qui reste à parcourir ou la fugacité du temps qui passe.



A découvrir sur www.ateliers-agora.fr

Par Béatrice Hermesdorf - Publié dans : Rédaction: présentation d'artistes
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 23:35

En l’espace de deux semaines, deux campagnes publicitaires ont fait polémique au point de masquer le fond de leur message : le Grand Emprunt et la lutte contre le tabagisme des jeunes.

Marianne enceinte regarde l’avenir et tout le monde s’emballe sur la Sainte Républicaine immaculée. Très prosaïquement pourquoi communiquer autour d’un emprunt qui ne s’appuie sur aucune souscription auprès des Français ? Est-ce pour masquer que les derniers emprunts ont tous coûté de l’argent à l’Etat ? Ou bien est- ce pour nous rappeler que nous alourdissons la dette auprès des générations futures ? Est-ce enfin pour brouiller les pistes: l’Etat investit massivement sur des secteurs, comme l’éducation, qui se plaignent au contraire de restrictions budgétaires drastiques. Incompréhensible ! Cette Marianne fait beaucoup parler d’elle mais n’est pas très loquace, n’en déplaise à Euro RSCG C&O.

La polémique, cependant,  fut de courte durée. Car l’agence BDDP et Fils décidait de frapper fort dans la foulée, en faisant le lien entre la dépendance tabagique et la soumission sexuelle. Et le débat s’est focalisé sur l’allusion à la pédopornographie, la réalité de la soumission sexuelle dans la pratique de la fellation ou le ras le bol face à  un nouvel  outrage à la pudeur qui enflamma les associations familiales (pour une fois aux côtés des féministes !). Mais du tabac, il  ne fut pas question et les jeunes fumeurs ciblés par la campagne  avouèrent n’y avoir rien compris.

Voici donc deux campagnes que parait- il nous ne sommes pas près d’oublier. Vraiment ? Ces campagnes ont fait le buzz, mais ce dernier fut court. L’écran de fumée a vite effacé la grossesse de Marianne avant d’être lui-même balayé par la tempête Xantia. Attention à l’encombrement des  polémiques : elles sont tellement nombreuses aujourd’hui ! L'une chasse l'autre, et aucune ne laisse de trace.     

Par Béatrice Hermesdorf - Publié dans : 1001 façons de rater sa com
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 15:14

Sur les linéaires de supermarchés, une marque saute aux yeux dans les rayons laitiers et du côté des gâteaux : Michel et Augustin. N’avez- vous jamais croisé le regard ahuri de la vache blanche et noire, et les caricatures bien croquées des trublions du goût ? Si bien sûr, car comment passer à côté sans avoir envie de déguster sur place ces « yaourts onctueux » ou ces petits sablés « ronds et bons » ?

Cette marque parisienne 100% vrai regorge d’humour dans sa présentation et de culot dans sa communication.  Ils jurent que c’est spontané, mais c’est tellement bien fait qu’on en doute un peu. Ainsi, les deux amis ont profité du lancement des « 2 vaches » de Danone pour offrir aux 150 journalistes  une  vache à boire (le nom de leur yaourt) et une lettre dénonçant l'arrivée des vaches américaines en France.  Il paraîtrait que nos deux héros étaient déguisés en vache pour l’occasion, mais les témoi gnages ne sont pas concordants ! Autre coup très culotté : A défaut de pouvoir offrir des échantillons dans les files d’attente du Salon de l’Entrepreneur, l’un des deux comparses se fait passer pour le traiteur du commissariat de l'organisation. Conséquence : il dépose tranquillement ses produits sur les tables des conférenciers. Pub et buzz garantis, surtout quand  le roi de l’informatique, Bill Gates, est pris en photo avec la désormais fameuse vache à boire ! Le succès est dans le sac ! link

Michel et Augustin déclinent  toute leur communication sur ce mode décalé, coloré et gonflé : site internet, blog, actions de communication, packaging. Et ça marche. Les gammes s’élargissent, l’équipe s’agrandit et cette petite entreprise est devenue la référence de la communication petit budget à grands effets.

Bon appétit, et prenons en de la graine !

Par Béatrice Hermesdorf - Publié dans : Les bonnes idées
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 21:59

La Tribu des Artistes est un nouveau site communautaire dédié aux artistes, réalisé par la société Canson. Présenté comme une démarche de mécénat artistique, le site permet aux artistes de créer leur galerie virtuelle, d'échanger entre eux à travers les forums et les discusions, d'écrire des articles. L'inscription est gratuite et ouverte aux professionnels du monde de l'art ainsi qu'aux amateurs. Le site diffuse également des conseils sur les techniques, les matériaux, les astuces de pro.

La marque Canson est discrète, mais présente. Les conseils d'abord ne sont pas signés, mais mon petit doigt me dit que  l'Atelier Canson compte quelques rédacteurs talentueux qui connaissent bien le sujet. La tribu des Artistes et l'atelier Canson ensuite  se répondent: sur le premier, l'Huile est à l'honneur. Ce qui tombe bien puisque sur le second, c'est justement le mois de l'Huile. Les couleurs, vous savez, la fameuse charte graphique, sont différentes, mais les différents bloques qui composent les sites suivent pratiquement les mêmes plans. Enfin, vous pouvez passer d'un site à l'autre. Ce qui est malin: après avoir discuté avec les copains, admiré le travail des autres et pris plein d'info, il doit bien vous rester un peu de temps pour choisir votre matériel et repérer les offres du mois!

 C'est malin et c'est bien fait. Je ne sais pas ce qu'en penseront les artistes professionnels, mais je crois que de nombreux amateurs ou semi professionnels devraient rapidement rejoindre la communauté. Et tous ceux qui dessinent , décorent, impriment et qui auront la bonne idée de faire leurs achats chez Canson se sentiront un peu artiste.

Or, valoriser ses clients, n'est- ce pas le début de la fidélisation?

 

 

Par Béatrice Hermesdorf - Publié dans : Les bonnes idées
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 10:56

Talayeh Jazayeri est née dans un pays magnifique, malheureusement caricaturé aujourd’hui par ses dirigeants et par nos médias. Quand je pense à l’Iran, son pays, je pense aux Achéménides, aux rois Cyrus, Darius et  Xerxès ; aux guerres médiques, à Persepolis et au Livre des Rois.

Je pense immédiatement aux miniatures persanes et à  ses couleurs vives, et à la poésie, l’une des plus belles du monde m’a-t-on dit. Et comme je le lisais dernièrement,  à côté de Nuzâmi, Ronsard et DuBellay peuvent aller se rhabiller. Lisez les Cinq Poèmes, vous rhabillerez aussi Baudelaire et Verlaine!

Aussi, une artiste dépositaire d’une culture sublime et millénaire ne pouvait qu’attiser ma curiosité.  Comme moi, vous ne serez pas déçu.  

Depuis son enfance, Talayeh Jazayeri est artiste : elle dessine, colorie et rêve de musique et de piano.  Enfant sensible, à fleur de peau, elle s’émerveille de tout ce qui l’entoure. Mais comment ne pas s’émerveiller quand on grandit sur les terres qui ont sans doute enfantées les contes des Milles et une nuit ?

Cependant,  la vie n’est jamais linéaire. Ainsi, un premier tournant dans sa vie est son départ pour la Suisse où elle résidera deux ans. Si la jeune adolescente, a quelques difficultés à se faire à la vie en internat,  elle se révèle en peinture où elle obtient son premier prix, en 5ème.

De retour au pays, Talayeh rencontre Mahmoud Farchian, célèbre peintre Iranien qui réside aujourd’hui à New York. Alors qu’elle rêve d’être pianiste, il la convainc  de devenir peintre. Avec raison, puisqu’elle réussit le concours d’entrée des Beaux Arts de Téhéran en obtenant la première place. Puis, elle termine ses études aux Etats- Unis où elle obtient sa licence d’art graphique.

Elle rentre en Iran avec des rêves plein la tête qui seront balayés par la Révolution. La guerre avec l’Irak l’empêche de venir aux Beaux Arts en France. Elle peint donc en Iran et expose là bas, à Bakou aussi. Mais elle ne pense qu’à vivre ailleurs. Jusqu’au jour où enfin, elle arrive en France.

Cette femme timide à la vie si riche expose pour la première fois dans un lieu dédié aux expositions. Sa peinture est très variée, mais les traits se floutent, un léger voile semble recouvrir les tableaux, comme si c’était la timidité de l’artiste qui s’exprimait d’abord. Elle  laisse le spectateur imaginer son tableau.

J’aime sa touche délicate, l’explosion de couleurs qui me fait parfois penser à la surface de la lune. Vous la voyez grise d’abord  parce qu’elle est loin et que les couleurs sont tellement nombreuses, tellement belles, qu’elles se mélangent et vous ne prenez  pas le temps de vous attacher sur chaque éclat.  Prenez le temps, vous verrez naître des lettres persanes, des bourgeons qui s’éveillent à la vie en dansant sur la lumière du soleil. Arrêtez-vous et vous verrez l’œil émerveillé de l’enfant sensible qui découvrait le monde dans la partie du monde qui fut l’un des berceaux d’une des civilisations la plus belle et la plus raffinée.    

Je conclurai  avec vos mots : « La peinture est ma passion depuis que je me le rappelle. J’aime peindre les instants de la vie ; peut-être ceux qui nous échappent et qu’on perd de vue. Quelque soit le support, c’est toujours devant la toile une aventure émotionnelle qui inspire les couleurs et les formes. »

Merci d’avoir choisi les Ateliers d’Agora.

Talayeh-Jazayeri.jpg

Texte rédigé pour le vernissage de l'exposition de Talayeh Jazayeri, février 2010, aux Ateliers d'Agora.

Par Béatrice Hermesdorf - Publié dans : Rédaction: présentation d'artistes
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