Présentation de l'artiste peintre Henry Ferrier lors du Vernissage de son exposition aux Ateliers d'Agora:
J’ai rencontré Henry sous un amandier. Cet arbre fruitier est né de ses pinceaux et je le regardais comme le petit Prince découvrait son mouton caché dans la boite : j’étais émerveillée parce que je rencontrais pour la première fois un artiste en vrai.
Artiste peintre provençal, Henry Ferrier est artiste depuis toujours. Il joue avec les couleurs comme il joue avec les mots ; son geste est à la fois maîtrisé et libéré tandis que son verbe est haut, puissant et poétique. Henri ou le Geste et le Souffle que l’on retrouve dans ses peintures et dans ses textes. Un souffle qui vous emmène avec force dans un tourbillon lumineux où « les lignes se perdent dans la matière ».
« Je puise ma force dans la terre provençale " qui est couleur, mouvement, puissance et lumière » nous dis- tu. Dans tes critiques, j’ai lu que tu ne cherchais pas à décrire la réalité. Pourtant, dans chacune de tes toiles, je vois la vie telle qu’elle est, la nature, telle qu’elle est. Dans l’auberge, n’entendez- vous pas les conversations, les choppes qui tintent, la valse des mots et des sentiments ? Lorsque vous croisez ce couple enlacé dans l’adversité, n’êtes vous pas bouleversé par la fragilité de la tendresse et de l’amour qui portent ce couple magnifique et qui l’aident à rester droit alors que le monde tangue ?
Car je te trouve résolument optimiste : au-delà des angoisses et des pulsions humaines, tu nous présentes des personnages qui avancent, sublimes ; ici, c’est toujours la vie qui gagne. Et quand l’Homme disparaît de tes toiles, l’Eternel apparait. L’homme n’est donc pas très loin. Immensité des paysages, violence des éléments, la vie se construit de toile en toile. Ta peinture est un envol qui nous transporte au cœur des émotions. Partir avec toi, c’est prendre la route de l’albatros et parcourir des océans de poésies picturales.
Peintre des quatre saisons qui enchante la vie, tu parcours le monde de New York à Osaka, tu promènes, selon les mots de Françoise Maurin, « ta rugosité cévenole, ta fouge provençale et le sens d’une harmonie universelle. »
Ma peinture, écrits- tu, est « un carnet de bord, une nécessité vitale, un lien avec le monde ». Elle est nécessité parce qu’elle est un tourbillon plein d’espérance qui nous donne envie de contempler. Elle offre une proximité particulière avec la Nature, ou plus haut, c’est selon ce que les uns et les autres croient. Mais ta peinture est un médium qui nous rend meilleur. Aristote, dans l’Éthique à Nicomaque, écrit que le bonheur réside dans la contemplation. Cette dernière est la plus haute activité qui permet à ce qu'il y a de plus haut dans l'homme d'atteindre la connaissance. Selon le philosophe, la contemplation n’est qu’un idéal que l'homme cherche à atteindre, elle est la voie qui mène au « Présent Eternel où le passé se devine et le futur se pressent », comme ton œuvre.
Henry, tu es le peintre de la vie et du bonheur. J’avais raison d’être émerveillée.
Photo: Henry Ferrier par Alain Balbo
Henry Ferrier est le peintre des couleurs, ses tableaux animent les murs et donnent vie aux décors les plus banals. Et pour ne rien gâter, il est aussi un homme aux qualités humaines remarquables, plein de générosité, plein d'imagination; quand on le connaît, ses toiles paraissent encore plus belles!
Béa, c'est un merveilleux blog que tu as conçu.
Amitiés
Alain